Comment Xavier Niel est devenu riche ? De la prison à Free – Ep 01

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

jeudi 27 mai 2004.

La police fait irruption dans la maison de Xavier Niel, dans le 16e arrondissement.

Il ressort de chez lui encadré par la Police.

Son appartement est perquisitionné.

Sa sœur, Véronique, qui lui a servi de prête-nom pour créer ou reprendre des sociétés, a elle aussi reçu la police, alors qu’elle n’a jamais entendu parler des faits qu’on lui reproche.

Xavier est d’abord placé en garde à vue puis écroué et mis en examen le lendemain, le 28 mai 2004.

C’est la panique dans l’environnement de Niel d’abord pour sa femme, Catherine qui a 2 enfants en bas âge (2 et 4 ans) mais aussi et surtout pour le conseil d’administration d’Iiad dont Xavier détient plus de 70% des parts.

La société Iliad vient juste d’être introduite en bourse en février 2004 et la crainte que le titre dévisse est forte.

Xavier Niel est présenté au Juge Renaud Van Ruymbeke.

Dans ce 1er épisode sur Xavier Niel, je vous raconte son séjour en prison, ses années Minitel rose et les 1ère réussites de Free.

Une aventure entrepreneuriale hors du commun pour un jeune homme plutôt timide au départ.

Pour écouter le podcast

Comment Xavier Niel est devenu riche ? De la prison à Free – Ep 01 L'apprenti

Table des matières

La prison pour Niel

Xavier Niel dans sa jeunesse

1984-1990 – piratage décodeurs canal et la DST

En 1987 commencent alors les années Minitel pour Niel

1990: Minitel, Minitel rose et Sex Shops

1993 – WorldNet

1998-1999 – Années charnières

2000 – Lancement de Iliad et de la marque Free

La Freebox: 1ère mondiale

L’introduction en bourse

La prison de la santé, TF1 et Bouygues

La prison pour Niel

On ne présente plus le juge Van Ruymbeke qui est le juge d’instruction au pôle financier à Paris et qui voit défiler les cas les plus célèbres des années 2000: Jérôme Cahuzac, Jérôme Kerviel, les affaires des frégates de Taiwan, Clearstream…

Le juge lui annonce sa mise en examen pour pour proxénétisme aggravé et recel d’abus de biens sociaux concernant ses « peep-shows notamment ceux détenus à Strasbourg.

Xavier est sous le choc.

Son passé l’a rattrapé alors qu’il venait de devenir très riche après l’introduction d’Iliad en bourse (vous faites le calcul, 70% de 800 millions d’euros).

Le lendemain de l’incarcération de Xavier Niel, TF1 fait les gros titres au journal de 20 heures sur l’affaire du patron proxénète.

La vie de Xavier Niel a donc basculé ce 27 mai 2004…

Il faut dire que la vie de Xavier ressemble à une suite d’aventures souvent rocambolesques.

Xavier Niel dans sa jeunesse

Xavier Niel nait en 1967 d’un papa juriste et d’une maman assistante en banlieue parisienne, créteil.

Sa soeur aînée, Véronique est la boss de la maison comme il le dit si bien.

C’est elle la joviale, la sociable qui lui raconte ses aventures.

Xavier est plus introverti et timide. Il se fait quelques amis mais sa vie sociale est d’abord celle de sa soeur.

Sa vie change vraiment en 1981 à 14 ans quand son père lui achète un Sinclair ZX81, un PC très rudimentaire, doté d’un processeur 8 bits et d’une mémoire d’un kilooctet, qui ne coûte « que » 1 000 francs.

Comme il l’explique, l’ordinateur lui donne un sens de contrôle sur le monde qu’il n’a pas avec les gens 🙂.

« C’était quelque chose de magique, qui accomplissait tout ce que je voulais. L’amour de mon père pour l’électronique et les ordinateurs y a sans doute été pour quelque chose. »

Sa vocation de pirate commence alors quelques années plus tard.

1984-1990 – piratage décodeurs canal et la DST

Le piratage rentre dans la vie de Xavier Niel par les décodeurs Canal plus.

Au milieu des années 80, pour regarder Canal plus, il fallait un décodeur et l’abonnement coûtait un certain prix… et toute une économie de décodeurs piratés s’est développée.

Xavier par curiosité et envie va commencer à en fabriquer un pour sa famille puis va commencer à en vendre.

« On me commandait cinq décodeurs pour 250 francs [environ 70 euros], puis on se donnait rendez-vous dans Paris ; il suffisait d’acheter un ticket de métro et je repartais avec l’argent en poche »

Sauf que Canal plus a décidé de sortir la grosse artillerie et commence à poursuivre tous les pirates… et Xavier Niel est finalement repéré par les services de police pour le piratage de décodeurs Canal, et convoqué… au ministère de l’Intérieur place Beauvau.

Il est reçu par une agent de la DST qui lui fait la leçon et lui propose un deal: pas de poursuite mais le jeune pirate devra tenir au courant la DST (les services de la sécurité du territoire, l’ancêtre de la DGSI) d’une éventuelle intrusion soviétique dans les services télécoms français.

Il restera plusieurs mois dans les sous-sols de la DST à travailler sur ces éventuelles intrusions. Son officier traitant qui le suit s’appelle alors « Toto ».

Un vrai roman d’espionnage!

Xavier Niel rencontre à cette occasion Nicolas Sadirac (avec lequel il fondera l’école 42) lui aussi répéré par la DST.

Mais le piratage des boites Canal n’est qu’un amuse bouche pour ce qui va suivre, les années Minitel.

En 1987 commencent alors les années Minitel pour Niel

Vous vous demandez ce qu’est le Minitel surtout pour les gens nés après 1990 ?

C’est un boitier grossier qui était l’ancêtre d’internet dans les années 80. Il servait surtout à remplacer l’annuaire papier et à retrouver les numéros de téléphone en tapant le nom de la personne.

Les clients payaient pour le temps passé sur le minitel (alors qu’aujourd’hui, internet est illimité) et c’est qui a fait la fortune de France Telecom mais aussi celle des nouveaux entrepreneurs de l’époque dont Xavier Niel.

Xavier, le codeur, a appris le basic puis le langage C mais il est avant tout un bidouilleur de l’extrème. Il sait coder, vite et facilement alors que les développeurs de l’époque ne savent pas trop comment « coder » sur le minitel.

Xavier Niel commence donc à développer des programmes en lien avec le Minitel dans une société qui s’appelle Cogecom en 1986, il a à peine 19 ans.

Xavier est inscrit en Math Sup en parallèle qu’il quittera rapidement.

Il quitte aussi Cogecom en 1989.

Il a proposé aux associés de Cogecom de se lancer dans le minitel rose… mais ceux-ci ont refusé. Il se lancera seul.

Avec son départ de la société, il reçoit un 1er pactole pour l’utilisation de ses logiciels et prend la gérance d’une société, Pon Editions qu’il ré oriente vers des activités plus « intéressantes », le minitel rose.

1990: Minitel, Minitel rose et Sex Shops

Xavier Niel va commencer alors la méthode qui va faire son succès !

Recruter des jeunes motivés sans formation spécifique et qui savent coder.

Il va aussi recruter des animatrices pour répondre aux questions coquines des clients sur le minitel.

En 1990-1991 – à 24 ans, Xavier Niel revend ses parts dans l’hébergeur Minitel, Pon Editions suite à un désaccord et devient officiellement millionaire, en percevant la somme de 1 million de francs.

C’est à cette époque avec son argent en poche que Xavier s’associe avec Fernand Develter, un ancien banquier qui s’est lancé avec sa société Fermic dans le minitel rose. Il rachète 50% de la société en remplaçant un associé.

C’est Fernand Develter, personnage tout droit sorti d’un film d’Audiard, un coureur de jupons, ancien banquier, grande gueule, un peu hâbleur qui va définitivement lui mettre le pied à l’étrier du minitel rose.

D’ailleurs les pratiques de Fermic sont souvent douteuses voire aggressives.

Niel a même subi une perquisition et un interrogatoire musclé au milieu des années 90.

Fermic est alors accusée d’être à l’origine d’une arnaque jamais vue dans le milieu.

Certaines sociétés comme Le Crédit Lyonnais ou l’ANPE découvrent en effet que leurs Minitel se connectent tous seuls la nuit pendant des heures sur les services de Fermic.

Fermic reconnaît la combine.

Elle propose à des agents de sécurité de ces sociétés de gagner des cadeaux en allumant des Minitels la nuit… Les techniciens de l’entreprise ont même mis au point un logiciel qui éteint automatiquement les appareils tous les matins à 8 heures. Heureusement pour Niel et Fermic les poursuites seront abandonnées, les sociétés craignant une mauvaise pub pour leurs failles de sécurité…

Avec les concurrents (et notamment des services très connus sur le minitel Rose, comme 3615 Ulla), Niel va jusqu’à démarcher directement les clients sur les services des concurrents avec de petits logiciels d’automatisation de discussions et notamment le turbophone inventé à l’époque de Cogecom.

En parallèle, sur les conseils de son associé Fernand, il investit dans des sex-shops comme le New Sexe Paradise, ou le Sex-Shop X Live Peep-Show.

L’argent coule donc à flot pour les 2 associés, repas à la tour d’argent, belles voitures, sorties en boites de nuit.

Bref, c’est la belle vie.

Mais la manne du Minitel rose commence à se tarir et il faut diversifier les activités… c’est l’annuaire inversé qui ouvre en 1994.

C’est Xavier Niel qui le raconte lors de sa garde à vue en 2004:

« Dans le même temps, à compter des années 1993, 1994, l’activité Minitel rose s’est mise à décliner. J’ai donc créé sur Fermic, des services tels que 3617 Annu, des services de conventions collectives, des services d’envoi d’actes civil ou encore la banque de données Société.com. »

Commençons par le 3617 Annu

Vous avez le numéro, vous retrouverez le nom ! ».

Sur le Minitel, il y avait l’annuaire accessible en composant le 3611, mais surtout l’annuaire inversé permettant de retrouver le propriétaire d’un numéro de téléphone et son adresse.

Lancé au milieu des années 1990, le 3617 ANNU (pour annuaire) fut un succès immédiat que le lancement du 3615 QUIDONC, par France Télécom, ne vint pas inquiéter.

Le problème ? Cet annuaire inversé a été récupéré illégalement en aspirant les données sur le serveur de France Telecom… qui ne dira rien… jusqu’à enfin réclamer son dû quelques années plus tard. Mais il était trop tard.

Car le succès est phénoménal avec 350 millions de francs de CA dès 1995.

1993 – WorldNet

1993, c’est aussi WorldNet.

WorldNet est le 1er gros succès de Niel avec internet.

C’est Sébastien Socchard qui, à l’âge canonique de 25 ans, crée ce fournisseur.

Xavier Niel le connaissait, car il hébergeait deux serveurs minitel lui appartenant. Il va alors lui prêter des bureaux et une ligne haut débit de 64 kilobits par seconde qui à l’époque coûtait un bras et que Sébastien n’aurait jamais pu payer par lui-même.

La Business Angel, Xavier Niel est probablement né ce jour là.

WorldNet innove et lance un forfait Internet « illimité » à 240 francs par mois, puis à 99 francs.

En 1994, Sébastien donne la moitié des parts à Xavier Niel.

Et c’est le jackpot pour Niel puisque WorldNet est vendue 225 millions de francs en mai 2000 à Kaptech, soit 10 fois le CA.

Les revenus du Minitel rose, les revenus de l’annuaire inversé et ceux de ses multiples affaires florissent… c’est un Xavier Niel qui gagne déjà beaucoup d’argent à même pas 30 ans.

Toujours pendant sa garde à vue de 2004:

« Fin 1993, j’ai également créé le premier fournisseur d’accès Internet en France, Worldnet. J’ai investi globalement une dizaine de millions de francs, essentiellement de 1992 à 1997 dans des sex-shops, environ une dizaine à Paris. Ces 10 millions de francs avaient plusieurs origines :

• de 1993 à 1996-1997, j’ai perçu de 20 à 30 millions de francs de dividendes provenant de la société Phoneline, société sœur de Fermic, spécialisée dans la téléphonie de rencontres ;

• j’avais également des salaires importants (…) »

Mais il faut attendre 1998 puis 1999 pour voir un vrai changement de cap pour Xavier Niel et l’entrée définitive dans internet…

1998-1999 – Années charnières

1998 est une année charnière car Fernand Develter, son associé de Fermic prend sa retraite.

Fermic est alors renommée Iliad et 2 personnes clés rentrent dans l’entreprise, Rani Assaf et Cyril Poidatz.

Rani est la caution technique, un développeur de génie, secret et au relationnel difficile. Il est arrogant et cassant. Mais c’est lui qui fera et portera tous les succès techniques de Free.

Cyril est l’école de commerce lisse et souriant qui saura gérer les pôts cassés et il est surtout extrêmement fidèle à Niel.

Cyril se sépare des activités de Minitel rose cette année là suite notamment à un article du Canard enchaîné décrivant Xavier Niel comme “le roi du porno”.

Puis Iliad lance la marque Free en 1999.

Free est un fournisseur d’accès internet d’un nouveau genre.

Alors que les Français hésitent à se lancer sur la toile, compte tenu du coût des connexions et des abonnements proposés par France Télécom, AOL et les autres, l’entreprise propose une offre très simple.

C’est gratuit !

Petit tableau comparatif pour vous donner une idée de la révolution tarifaire.

Chez Free, Internet est sans abonnement et au prix d’une communication locale. Pour les adeptes du numérique, c’est une révolution.

Les premières publicités de Free incarnent cette volonté de faire différent.

Un délice.

Amusante cette pub quand on sait d’où vient l’argent qui a financé ce projet…

L’univers décalé et provocateur des pubs va lancer aussi un vrai esprit de communauté Free. Free, comme apple, aura ses fans inconditionnels comme ses détracteurs.

Il faut dire que le service client comme les démarrages sont souvent compliqués..

Le succès est rapide, en 2000, Free compte déjà 1 million d’abonnés à Free et se place dans les 3 premiers fournisseurs d’internet en France.

Mais Free ne va pas s’arrêter là. Un nouveau lancement encore plus fort se prépare. Un lancement avec des retombées mondiales.

(Petit indice sur votre écran)

2000 – Lancement de Iliad et de la marque Free

Les années 2000-2001 sont difficiles pour Free.

La bulle internet vient d’éclater, les tours et le 11 septembre 2001 sont passées par là.

Heureusement pour eux, Goldman Sachs accepte de prendre 4,79% de Iliad pour 15 millions d’euros.

D’ailleurs le deal est négocié par une jeune de 21 ans qui n’a pas froid aux yeux, Michael Boukobza.

Cet Ancien banquier qui a fait un stage à Londres, n’hésite pas à négocier pied à pied avec un polytechnicien chez Goldman Sachs.

Le deal est signé en mars 2000

Malheureusement, l’argent de Goldman Sachs ne suffira pas pour financer le lancement de la Box de Free et Xavier devra utiliser son argent de WorldNet et la cession de toutes ses activités érotiques.

Il faudra attendre l’arrivée d’un vrai Directeur Financier, Olivier Rosenfeld, un ancien de Goldman Sachs aussi pour que l’idée de se lancer en bourse fasse son chemin.

Mais avec des soucis financiers constants et des problèmes de trésorerie, c’est l’heure à la démerde et à la bidouille.

Une caractéristique forte dans les entreprises de Niel.

C’est d’abord Rani Yassaf qui monte un réseau tout en technologie internet avec des logiciels au code source ouvert, non propriétaires et moins chers. C’est le début de la voix sur IP.

Quand dans les années 2000 les fournisseurs et opérateurs télécom font faillite, Niel rachète sur ebay leur matériel à un prix bas.

Et malgré le peu d’argent et avec des choix techniques ambitieux et peu onéreux, tout est prêt pour le 1er lancement en 2002 puis 2003.

(Il y a encore un peu de travail avant d’être prêt !)

La Freebox: 1ère mondiale

Free lance sa 1ère box haut débit à l’automne 2002 à un prix cassé de 30 euros par mois alors que la plupart de ses concurrents sont à 45 euros par mois.

Le succès est immense, mais la mise en place de la version 1 est chaotique.

Au 31 décembre 2002, il s’en est déjà vendu 96 000 exemplaires, dont un très grand nombre dysfonctionne.

La technologie ADSL n’est pas encore totalement maitrisée.

Peu importe, le succès est au là. AOL est en panique.

Regardez la réaction de Stéphane Treppoz, d’AOL à l’époque.

En 2003, Free va encore plus loin et lance une box triple play, c’est à dire une box qui fait Voix, Télé et internet.

Tout en un et c’est une 1ère mondiale.

C’est ce que raconte Niel:

« Nous sommes partis d’une idée simple : amener un tuyau Internet chez les usagers. Mais ils ne vont pas s’en servir si on ne met pas tous les usages dessus : que fallait-il ajouter ? La télévision et le téléphone. »

Là aussi, le succès est immense et tout le monde va alors copier Free.

Merci Rani Yassaf et toute l’équipe technique qui ont construit un boitier révolutionnaire à partir de zéro… car il n’y avait pas d’équivalent même aux états-unis. Aucun équipementier ne le faisait.

Le tout dans un laboratoire improvisé. Elon Musk va bien construire une fusée des années plus tard, on peut vraiment tout faire faire avec du talent.

Et le tout pour le prix de 29,99 euros/mois.

Et pour assurer ce prix bas, il veulent avoir leur propre infrastructure et maitriser la chaine de valeur.

Donc pour devenir un vrai opérateur télecom, plutôt que de creuser des trous, ils louent des liaisons en fibre optique à une startup LDCom.

LDcom pour Louis Dreyfus Communication qui deviendra des années plus tard un concurrent de Free, 9 telecom, qui sera racheté par SFR.

Cette stratégie de développer son propre réseau, va donner toute la puissance à Free en contrôlant prix et coût.

Ils sortent de la commoditisation de l’accès et peuvent proposer plus. D’ailleurs tous les autres fournisseurs qui n’ont pas construit leur propre réseau d’accès vont disparaitre un à un.

Pour grandir au départ, l’opérateur va s’appuyer sur les infrastructures de France Telecom / Orange tout en investissant progressivement.

Free aura la même stratégie dans le mobile.

Malgré cet énorme succès, l’argent est toujours un problème… jusqu’au mois de février 2004 !

L’introduction en bourse

2004 c’est l’introduction en bourse d’Iliad et un gros soulagement pour les équipes car ils ont enfin de l’argent pour se financer.

Cette introduction en bourse était loin d’être gagnée.

Niel est sceptique, il dit à son directeur financier, Olivier Rosenfeld, « Tu vas te planter, mais vas-y. Une seule personne s’en occupe ici, c’est toi ».

30 janvier 2004 Iliad s’introduit en bourse avec des achats massifs par des investisseurs anglais, écossais voire américains… les français en achètent peu.

Encore un manque de reconnaissance flagrant en France.

Iliad atteint une capitalisation boursière de 900 millions d’euros avec une augmentation de capital qui ramène 95 millions d’euros dans les caisses.

Introduit à 16 euros le titre aujourd’hui dépasse largement les 200 euros, valorisant l’opérateur à plus de 10 milliards d’euros.

Iliad est une réussite financière commerciale et aussi la réussite d’un homme Xavier Niel.

Xavier Niel est un homme riche. Il détenait avant l’introduction 78% des titres d’Iliad

Mais riche, il l’était déjà à l’âge de 21 ans.

Ainsi, Le minitel rose a financé le minitel sérieux puis le minitel sérieux a financé l’internet bas débit, puis le bas débit a financé le haut débit. Enfin le haut débit a financé le mobile.

Le tout avec ses propre infrastructures.

C’est la clé du succès pour Niel.

Pourtant 2004 marquera aussi un tournant pour Niel avec sa rencontre avec un juge.

La prison de la santé, TF1 et Bouygues

28 Mai 2004, Xavier est donc interrogé dans les bureaux du juge Renaud Van Ruymbeke.

C’est un Niel, choqué et sonné qui se confie au juge.

Il reconnait les faits qui lui sont reprochés sur les détournements de fond mais n’a rien à voir avec le proxénétisme.

Il livre alors sa version des faits:

À cette époque, Fernand Develter me parlait de ses investissements dans le sex-shop Sylvialize et me disait qu’il était très content des rentrées d’argent que cela lui procurait. J’ai vu un double intérêt à investir dans cette activité :

• un retour sur investissement intéressant et non fiscalisé car le fonctionnement reposait sur une comptabilité occulte et des recettes en espèces non déclarées ;

• un intérêt publicitaire pour les services Minitel de rencontres car cette activité permettait d’attirer des clients vers le Minitel. »

Xavier Niel suite à sa déposition passera un petit mois en prison à la santé.

Il va maigrir de 15 kg, fera du sport et comme il le dit lui-même ne passera plus jamais la ligne jaune.

Il n’oubliera pas les attaques de TF1 et de bouygues derrière, son vrai ennemi.

TF1 qui est la seule chaine de télé qui ouvre son 20h sur les accusations de proxénétisme et l’emprisonnement de Niel.

Bouygues représente les nantis pour lui, la famille de ceux qui naissent avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Il n’oubliera pas non plus ceux qui en ont profité pour lui cracher dessus. Il fera le ménage dans ses amis.

Il ressort de prison fin juin 2004.

En 2006 Xavier Niel est condamné à deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende pour des détournements de fonds dans des sex-shops.

Mais cette histoire l’a changé à jamais.

Désormais il est prêt pour s’attaquer à ces ennemis, les héritiers d’une France qu’il déteste.

La France des privilégiés.

C’est la bataille des télécoms qui va commencer et pour Niel une arrivée fracassante dans l’establishment français.

Notes

Xavier Niel, La voie du Pirate – Solveig GODELUCK (Auteur), Emmanuel PAQUETTE (Auteur) aux éditions First

Xavier Niel

Les secrets immobiliers du milliardaire Xavier Niel

A Billionaire Who Breaks the Mold (Published 2013)

Quand Xavier Niel chambrait Martin Bouygues

Xavier Niel, une réussite insolente – Junto

Le X, versant obscur du patron de Free

Xavier Niel | Wikiwand

Lunch with the FT: Xavier Niel

Xavier Niel menacé de mort suite à la candidature de Free à la 4ème licence 3G ?

Les secrets bien gardés de Xavier Niel

La grand-messe de Free pour son mobile

Rani Assaf, l’associé fantôme de Xavier Niel

L’histoire de Xavier Niel, fondateur de Free

Iliad

Station F

Enquête sur le système Free

D’après Le Monde, Xavier Niel, propriétaire du Monde, est un  » aventurier exceptionnel « 

15 ans de Free… en 15 dates

Vous voulez avoir le prochain épisode en 1er et les coulisses ?

Table des matières